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Usant volontiers de métaphores magiciennes, Epstein fait des îles le lieu de dévoilement de la puissance de l'écriture cinématographique. Le réalisateur met en scène non seulement son film, mais également son statut de cinéaste « au bout du monde ». L'utopie cinématographique qu'il construit ne connaît pas de frontière entre ce qu'il veut montrer et la manière dont il le filme : aux communautés insulaires dont il cherche à comprendre le mystère correspond la communauté d'hommes de mer et de cinéma en quête d'un film idéal. Écrire et filmer participent donc d'une même utopie : l'île, grâce à ses ressources naturelles et humaines, serait la médiatrice entre théorie et pratique du cinéma.
Vincent Guigueno est enseignant-chercheur à l'École nationale des Ponts et Chaussées. Il est l'auteur de Au Service des phares. La signalisation maritime en France, XIXe-XXe siècles (Presses universitaires de Rennes, 2002) et, avec Frank Guillaume, de Vers le phare (Terre de Brume, 2001).
Ce livre est publié à l'occasion de l'exposition « Jean Epstein et les îles bretonnes, le cinéma dans l'archipel, 1928-1948 » qui a lieu à l'Écomusée de Groix du 31 mai au 2 novembre 2003.
Prix du Salon du livre insulaire de Ouessant, 2003 |