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La métaphore des élans, alliée à l'alchimie du verbe, constitue, me semble-t-il, la structure profonde de la sphère poétique de Serge Pey. Lorsque, pour la première fois, je l'ai vu et entendu lire sa poésie, il m'a paru venir du sein même de la nature, et que c'est d'entre les bras de celle-ci que montait son chant. C'est comme si chaque mouvement de son corps était transmué par sa voix en mots, et que son corps devenait parole. Nulle séparation entre son corps et ses mots : il y a chez lui une éloquence autre qui procède d'un concert secret de voix, de gestes et de signes, dirigé par son corps lui-même orchestré par le corps imaginaire - et je dirais mystique - de la terre. C'est une éloquence que les livres, d'ordinaire, ignorent. Regardez la voix de Serge Pey se métamorphoser en bâtons, où signes et lignes se dessinent, habillés par les vibrations ; signes et lignes qui sont passerelles entre la voix de l'homme et celle de la nature, destinés à frapper le roc de l'opacité afin de nous ouvrir l'invisible.
Adonis |