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Publié un an avant Capitale de la douleur auquel il sera partiellement rattaché, ce recueil très émouvant, consacré à Gala, est un objet éditorial non identifié : ni lieu, ni date, ni éditeur ni même imprimeur n'y sont mentionnés. Pas d'auteur, pas d'illustrateur non plus. L'anonymat parfait. Paul Éluard a épousé Helena Diakonova, dite Gala, en 1917, et rencontré Max Ernst à Cologne en 1921. Au défaut du silence réunit les deux « frères » du surréalisme autour d'une femme qui les aimera l'un et l'autre avant de partager la vie de Salvador Dali. C'est leur troisième collaboration après Répétitions et Les Malheurs des immortels. Max Ernst dessine à la plume, sur le vif, vingt portraits tourbillonnants de Gala, des dizaines de visages enchevêtrés de Gala, tantôt impénétrables, tantôt sombres et durs. De son côté, Éluard célèbre en 18 poèmes avec, très perceptibles, des accents parfois amers (« À maquiller la démone, elle pâlit »), sa « petite fille de naissance » dont il pressent l'éloignement. « Amour, ô mon amour, jai fait vu de te perdre », écrit-il. « Voici quelques poèmes que je tiens pour les plus beaux que l'on ait écrits depuis Baudelaire », dira Philippe Soupault dans la Revue européenne. Tiré à 50 exemplaires seulement aux frais de l'auteur, plus un exemplaire sur Japon réservé à Gala, Au défaut du silence est peut-être le plus rare, le plus véritablement introuvable des livres surréalistes. Postface de Dominique Rabourdin. |