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Cest à Marseille et à la Villa Air Bel où il a trouvé refuge, en décembre 1940, qu'André Breton écrit « Fata Morgana », un long poème le dernier écrit en France avant son départ pour les États-Unis dédié à sa femme Jacqueline. Le 4 février 1941, il écrit à son ami Léon-Pierre Quint, le directeur des éditions du Sagittaire : « Je me propose de publier ici un long poème, Fata Morgana, avec des illustrations de Wifredo Lam, un jeune peintre né de père chinois et de mère cubaine (noire) qui est, de tous les artistes que je connais, celui qui me paraît actuellement avoir le plus à dire ». La censure de Vichy refusera son visa à ce livre achevé d'imprimé à Marseille en mars 1941, mais dont ne furent tirés que cinq exemplaires dépreuves, coloriés à la main par l'artiste. Cest grâce à Picasso que Lam avait exposé pour la première fois en France, à Paris, chez Pierre Loeb, en 1939. Fata Morgana fut finalement publié en Argentine, par les soins de Roger Caillois, aux éditions des Lettres françaises, la revue dirigée par Victoria Ocampo. Très peu d'exemplaires parvinrent en France, et uniquement après la guerre.
Éditions des Lettres Françaises, Buenos Aires, 1942. Réédition Bibliothèque des Introuvables, 2004. |